«Une cité de l’innovation pour développer les R&D», L'économiste du 31 janvier 2017

Ajouté le : 01-February-2017

Une cité de l’innovation pour développer les R&D

La région et l’Université Cadi Ayyad travaillent sur une stratégie commune. Objectif, attirer les industries créatrices d’emploi

Les exemples  de ville et de région qui ont développé des pôles de compétitivité autour de l’université sont nombreux. La Silicon Valley qui a réorienté l’économie de la région agricole vers des industries de pointe grâce au rayonnement de l’Université Standford  ou encore, plus proche de nous, en Europe, Nice et dont les caractéristiques ressemblent à celles de Marrakech. On y trouve une ville touristique qui a développé aussi un pôle de compétitivité autour de l’université, Sophia Antipolisolis. Des exemples où les collectivités locales ont misé sur l’université pour rendre leur région plus attractive sur le plan économique et social.

Et vu son rayonnement à l’international, l’Université Cadi Ayyad (UCA) brigue à jouer ce rôle et devenir un véritable moteur de croissance territoriale, espère Abdelatif Miraoui, président de l’Université.  Avec sa cité de l’innovation qui devrait être inaugurée en 2017, l’UCA va mettre à la disposition de la région une plateforme technologique qui a pour objectif de favoriser le transfert des technologies vers les entreprises, le développement de la R&D et l’attractivité des savoir-faire permettant de renforcer la compétitivité régionale. En outre, l’université, par le biais de son incubateur, tente d’amplifier sa contribution à la création des entreprises innovantes et la maturation des projets R&D.

Cette démarche stratégique d’innovation et de R&D se déploiera sur quatre thématiques, à savoir: «Energies, eau et développement durable», «Nouvelles technologies du tourisme et de l'agroalimentaire», «Matériaux» et "Mobilité urbaine". Des thématiques qui figurent aussi comme éléments d’orientation du Programme de développement régional en cours d’élaboration par la région de Marrakech-Safi, ce qui fait d’elles des champs d’interférence des deux institutions en ce qui concerne l’encadrement,

l’accompagnement et la réorientation des mutations de la région. D’où d’ailleurs un cycle de rencontres initié par la région et l’UCA et dont la première table ronde a eu lieu récemment autour de 4 thématiques: Urbanisme et aménagement eau, Les énergies et croissance économique, L’environnement et changement climatiques et la Culture et insertion professionnelle et sociale.

Objectif: structurer la réflexion, pour aboutir à des propositions partagées et communes. Pour être innovant, un territoire doit offrir des conditions favorables au développement de l’innovation. C’est-à-dire attirer un capital humain hautement qualifié, favoriser la production et les échanges de savoirs, stimuler l’entrepreneuriat. «Les attentes de la région et du monde économique, vis-à-vis de l’université, sont de plus en plus fortes que ce soit pour l’innovation ou encore pour un encadrement de proximité efficace et continu et une assistance technique innovante », indiquent les élus régionaux. Le Programme de développement régional 2017/2021 constituera un élément de base pour la conception d’un modèle de partenariat stratégique équilibré basé sur une approche globale et transversale. (voir l'article ci-dessous)

«Les élus locaux doivent s’approprier les objectifs de l’université»

Pour Abdellatif Miraoui, président de Cadi Ayyad, l’université est une puissance économique pour une région et un moyen de développement sur le plan territorial et les collectivités locales doivent interagir avec cet outil mis à leur disposition (Ph. L’Economiste)
- L’Economiste: Vous militez pour une plus grande collaboration entre la commune, la région et l’université.
- Abdellatif Miraoui: 
C’est une nécessité! Il faut surtout que la région et la commune s’approprient les moyens, mais aussi les objectifs de l’université pour aller de l’avant et donner une véritable attractivité à la région. Nous venons d’entamer un cycle de rencontres avec la région de Marrakech-Safi, qui est en train de définir son plan de développement 2017/2021. Le but est d’identifier les points de synergie entre son plan et celui de l’université. Que les objectifs de recherche de Cadi Ayyad soient par exemple en parfaite adéquation avec ceux du conseil régional. C’est une occasion pour définir les thématiques de la recherche que la région souhaite promouvoir et derrière cela, il y a bien évidemment les opportunités d’emploi. Nous avons déjà des points de chevauchement dans nos différents programmes.
 
- Concrètement, de quelle manière pourraient contribuer les collectivités locales au rayonnement de l’université? Et quels sont les besoins sur le plan financier?
- Nous ne sommes pas dans une approche de subvention. Avec le président de la région, Ahmed Akhchichen, nous partageons la même vision et l’idée est de travailler ensemble sur un certain nombre de projets et d’actions que nous pouvons mettre en commun. Cela peut concerner le développement durable, la préservation du patrimoine de la région, la formation du personnel. Il y a également des actions qui concernent les jeunes de la région Marrakech-Safi. Comme vous le savez, notre région comprend de grandes poches de pauvreté dans ses communes provinciales et souvent des étudiants brillants, issus de milieux défavorisés, ne peuvent bénéficier de certains programmes (mobilité des étudiants) par manque de moyen.
Autre exemple, l’université qui n’est pas dépositaire de l’action sportive souhaite développer ce para-universitaire, indispensable pour la vie d’étudiant. Voilà le genre de besoins pour lesquels nous souhaitons une plus grande implication des acteurs locaux.
 
- Qu’en est-il du déploiement de l’université dans les autres régions?
- Il ne faut surtout pas oublier que l’université est une puissance économique pour une région et un moyen de développement sur le plan territorial. Il faut avoir une réflexion mûre et globale de ce que l’on souhaite en faire. Doit-on rapprocher l’université de l’étudiant ou rapprocher ce dernier de Marrakech où sont installées la plupart des facultés. C’est une question que l’université ne souhaite pas trancher toute seule. Les acteurs politiques de la région et de la commune doivent d’impliquer là-dessus. Maintenant que la région Marrakech-Safi est dotée de nouvelles compétences dans le cadre de la régionalisation avancée, ce nouveau cadre impose la préparation d’une démarche d’intégration et d’interaction de l’université avec les parties prenantes nationales et régionales. En Europe par exemple, les régions sont très investies dans le domaine universitaire et cela a permis, non seulement de développer leur territoire sur le plan économique, mais aussi de mettre au cœur de ce développement l’université et ses moyens et outils de recherche.

Propos recueillis par
La journaliste Badra BERRISSOULE

Liens de l'article:

http://leconomiste.com/article/1007914-une-cite-de-l-innovation-pour-developper-les-rd
http://leconomiste.com/article/1007915-les-elus-locaux-doivent-s-approprier-les-objectifs-de-l-universite

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