Sahara marocain : lecture historique et débat académique à l’Université Cadi Ayyad
Dans le cadre de son engagement soutenu en faveur de la diplomatie académique parallèle et de son implication active dans les grands débats nationaux, l’Université Cadi Ayyad a organisé, le mercredi 13 mai 2026 à la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines, une rencontre scientifique consacrée à la présentation et à l’analyse de l’ouvrage du Dr Samir Bennis intitulé « L’Alliance contre nature : les dessous du complot hispano-algérien autour du Sahara marocain (1965-1979)». Cette rencontre a réuni le Pr Mohammed El Ghali, doyen de la Faculté des Sciences Juridiques, Économiques et Sociales de Kelaât Sraghna, ainsi que le Pr Mohamed Bentalha Doukali, directeur du Centre National d’Études et de Recherches sur le Sahara.
À travers cette initiative, l’Université Cadi Ayyad réaffirme son engagement à contribuer, par la recherche et le débat académique, à la défense de l’intégrité territoriale du Royaume. En multipliant les espaces de réflexion et d’échange autour des grandes questions stratégiques nationales, elle entend renforcer la conscience collective des enjeux fondamentaux du pays et approfondir la réflexion académique sur la question du Sahara marocain, étroitement liée à l’identité nationale, à la mémoire politique et à l’histoire diplomatique du Maroc.
Dans son allocution d’ouverture, le président de l’Université Cadi Ayyad, Pr Blaïd Bougadir, a rappelé que la question nationale demeure un enjeu majeur, appelant à un engagement scientifique et intellectuel constant et approfondi. Il a souligné la nécessité de promouvoir une véritable culture du débat académique, fondée sur la rigueur de la recherche et une lecture objective des évolutions et mutations qui entourent cette question.
Le président de l’université a également mis en exergue le rôle structurant de l’institution universitaire dans la transmission des valeurs de citoyenneté et d’appartenance nationale auprès des jeunes générations. À travers la formation, la diffusion du savoir et le développement de la recherche scientifique appliquée aux grandes questions nationales, l’université s’affirme ainsi comme un acteur essentiel de la réflexion et de la construction du lien civique.
Il a par ailleurs mis en lumière la portée scientifique de l’ouvrage présenté, lequel propose une lecture à la fois historique et analytique d’une période charnière dans l’évolution du différend autour du Sahara marocain. En replaçant cette séquence dans le cadre plus large des interactions régionales et internationales, l’auteur éclaire les dimensions politiques et diplomatiques du dossier, mettant en évidence la complexité des mécanismes qui ont accompagné sa gestion par le Maroc dans un environnement géopolitique particulièrement sensible.
L’ouvrage revient également sur plusieurs moments clés, notamment les positions espagnoles et algériennes, ainsi que sur les dynamiques ayant précédé la Marche Verte et celles ayant marqué les étapes ultérieures de l’évolution du dossier.
M. Bougadir a également souligné que les derniers mois ont été marqués par des avancées significatives en faveur des acquis nationaux du Royaume sur la scène internationale. Il a salué la constance, la clairvoyance et l’efficacité de la diplomatie marocaine face aux défis régionaux et internationaux, des qualités qui ont contribué à renforcer la reconnaissance internationale de la marocanité du Sahara et à consolider la position du Royaume au sein de la communauté internationale.
Dans ce contexte, il a rappelé que les récentes résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies ont, une nouvelle fois, confirmé la crédibilité et le sérieux de l’initiative marocaine d’autonomie, consacrée comme une solution réaliste et pragmatique au différend autour du Sahara marocain.
Le président de l’université a enfin indiqué que ces avancées traduisent la convergence harmonieuse entre la vision éclairée de Sa Majesté le Roi, l’action diplomatique soutenue du Royaume et l’engagement responsable des différentes composantes de la société marocaine. Il a réaffirmé, à cet égard, que l’intégrité territoriale du Royaume et les droits historiques et souverains du Maroc sur son Sahara demeurent des constantes nationales fondamentales et indéfectibles.
Prenant la parole à son tour, le Dr Samir Bennis a indiqué que son ouvrage s’inscrit dans une démarche intellectuelle et documentaire visant à proposer une relecture analytique de l’histoire de la question du Sahara marocain, au-delà de la simple chronologie des faits. Il a souligné que la compréhension du présent ne peut être dissociée d’une lecture approfondie des complexités du passé, éclairée par les archives, les mutations géopolitiques et les dynamiques profondes des relations internationales.
Selon lui, la question du Sahara marocain ne saurait se réduire à un simple différend régional, mais s’inscrit dans un faisceau d’interactions internationales complexes, structuré par les tensions de la Guerre froide, les stratégies des puissances européennes et les recompositions géopolitiques du Maghreb au lendemain des indépendances.
Dans son intervention, le Pr Mohammed El Ghali a mis en lumière la dimension méthodologique et conceptuelle de l’ouvrage, soulignant la richesse de l’outillage analytique mobilisé par l’auteur, à la croisée des sciences politiques, des relations internationales et de l’analyse géopolitique. Il a relevé que les « récits » occupent aujourd’hui une place centrale dans les processus de construction des légitimités historiques et politiques.
Il a avancé que le différend relatif à l’intégrité territoriale du Royaume ne saurait être appréhendé sous le seul angle conjoncturel ou politique ; il s’inscrit dans une profondeur historique et civilisationnelle plus large, marquée par des rivalités d’influence anciennes et durablement inscrites dans les dynamiques régionales.
Pour sa part, le Pr Mohammed Bentalha Doukali a qualifié cet ouvrage de contribution intellectuelle et documentaire majeure pour la compréhension des arrière-plans politiques et géopolitiques du conflit. Il a insisté sur le fait que la « guerre des récits » constitue désormais un élément central des guerres cognitives contemporaines, où le langage, le discours et les stratégies de communication participent à la structuration des perceptions collectives et à la fabrication des représentations. Dans cette perspective, il a plaidé pour un renforcement de la présence académique marocaine dans ce champ, à travers une production scientifique exigeante et de haut niveau.
À travers cette rencontre scientifique, l’Université Cadi Ayyad réaffirme son engagement à assumer pleinement ses responsabilités scientifiques et nationales, en faisant de l’espace universitaire un lieu de production de savoir, de réflexion critique et de débat public éclairé autour des grandes questions nationales. Elle confirme ainsi sa volonté de contribuer à l’ancrage d’une conscience académique solide en faveur de la défense de l’intégrité territoriale du Royaume du Maroc, à travers les outils du savoir, du droit et de la recherche historique rigoureuse.